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La confrontation entre l'étalon or et l'étalon argent
Les deux métaux se sont toujours confrontés comme étalon
monétaire. L'or est plus rare, plus cher, donc réservé aux gros paiements. L'argent
reste la monnaie usuelle de base.
A partir du moment où le système de compte se confond le système de paiement, la
question de l'étalon se pose à l'aube du 19ème siècle où les révolutions surgissent
et où les pratiques monétaires sont profondément modifiées.
Moins inaccessible, plus bourgeois, plus populaire, plus dur que l'or, moins périssable
et plus facilement divisible, l'argent est privilégié. Toutefois, les deux métaux sont
conservés en tant que double étalon en France et aux Etats-Unis
L'Angleterre, elle, tranche pour 1'étalon-or après avoir supprimé la frappe libre de
l'argent, puis le Portugal en 1854. Le prestige du Royaume-Uni par son charbon et ses
machines, par son Empire et sa marine, par ses banques et sa monnaie jouera en la faveur
de l'étalon or. La découverte de nouveaux gisements au 19ème siècle aidera à imposer
l'étalon or comme référence au reste du monde
La naissance de l'Union latine
Par chance, les cours respectifs de l'or et de l'argent
restent presque stables durant les deux premiers tiers du xixe siècle permettant la
conservation du bimétallisme.
L'Amérique conserve le bimétallisme à cause de la puissance des propriétaires de mines
d'argent, les silvermen.
En Europe, le bimétallisme français fait des adeptes. Les nouvelles monnaies prennent
pour prototype ce franc cartésien, divisé en centimes selon le système décimal.
La pièce française de 20 francs, dite louis de 1815 à 1848, dénommée napoléon même
quand elle porte l'image du coq républicain, devient un modèle. En 1865, une convention
de l'Union latine signée à Paris uniformise les frappes d'or et d'argent entre la
France, la Belgique, l'Italie et la Suisse, avec plein pouvoir libératoire pour les
monnaies d'or et la pièce d'argent de 5 francs. La Confédération helvétique suit le
mouvement et frappe des pièces de 20 francs, marquées Helvetia. Les quatre pays
emploient désormais les mêmes pièces, de 5 à 100 francs, toutes au titre 0,900.
La Grèce adhère au système, et elle fait frapper sur le modèle français des pièces
de 5 à 100 drachmes. En Espagne, la peseta devient l'exacte réplique du franc, mais sans
référence explicite à l'Union latine. Puis la Finlande se dote de pièces de 20 marks,
analogues à celles de l'Union latine. En Autriche et en Hongrie, des pièces semblables,
de 4 et 8 florins, correspondant exactement à 10 et 20 francs sont frappées. En Russie,
un oukase ordonne la frappe de pièces de 10 roubles (l'impériale) correspondant au
double napoléon (40 francs) et de 5 roubles (la demi-impériale) équivalent de la pièce
de 20 francs. Quelle que soit son effigie, la même pièce d'or est acceptée dans
l'ensemble de ces pays.
Le mouvement s'amplifie à la Roumanie, la Bulgarie et la Serbie ainsi qu'à la Colombie ,
Haïti, l'Argentine et le Venezuela.
L'or s'impose
Toutefois, le rapport des valeurs marchandes entre l'or et
l'argent s'éloigne de leurs valeurs de cotation.
Les découvertes de mines d'or en Californie et d'Australie font baisser le cours de l'Or.
Puis, l'argent, tend à disparaître de la circulation. Avec la guerre de Sécession,
l'Europe s'approvisionne en coton auprès de l'Inde, qu'il faut payer en argent. Les pays
de l'Union latine décident de réduire la frappe des pièces d'argent
La découverte des mines d'argent au Nevada fait quintupler la production. Les cours du
métal blanc s'effondrent et avec la libre frappe de l'argent, les pièces d'argent se
multiplient tandis que l'or disparaît.
L'Allemagne née de la guerre de 1870-1871 suspend la
frappe de l'argent pour se constituer une réserve d'or, et fait du mark, défini en or,
l'unité monétaire du jeune Empire. Les États scandinaves, puis les Pays-Bas, la
Roumanie, la Finlande, et, au Nouveau Monde, le Brésil et l'Uruguay, l'Argentine et le
Chili, le Pérou et le Mexique s'alignent sur l'étalon-or. |